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La naissance de l'Žnergie atomique.

Notes d'un QuŽbŽcois collaborateur de Joliot-Curie en 1939-40

Pierre Demers

Traduction interdite

 

RŽsumŽ.

1939. Septembre. J'Žtais en France depuis octobre 1938, o je prŽparais le concours d'AgrŽgation des sciences physiques a l'ƒcole normale supŽrieure rue d'Ulm. Une fois les Žpreuves terminŽes, mon agrŽgŽ-prŽprateur Pierre Grivet, futur AcadŽmicien, me conseilla de choisir entre le laboratoire de rayons cosmiques de Louis Leprince-Ringuet et celui de FrŽdŽric Joliot-Curie de physique nuclŽaire au Collge de France. Ë cause de la tradition de Rayons-X et de radioactivitŽ de mon professeur Ernest Gendreau ˆ l'UniversitŽ de MontrŽal, je choisis celui de physique nuclŽaire. Mon premier contact au Collge de France fut avec Hans von Halban. J'ai appris depuis ce temps que peu avant mon arrivŽe, des brevets furent demandŽs par Joliot, Halban et Kowarski au nom du CNRS en mai 1939, l'un d'eux intitulŽ : "Perfectionnements aux charges explosives" No 971.324. Il dŽcrit la possibilitŽ d'une rŽaction en cha”ne explosive de l'uranium, propagŽe par les neutrons.

1940. Je devais faire des recherches sur les neutrons jusqu'en mai, et rencontrer des personnalitŽs qui ont marquŽ l'histoire : Lew Kowarski, Irne Joliot-Curie, Pierre SŸe, Charles Leblond, l'Italien Bruno Pontecorvo, le Chinois Tsien-San-Tsiang etc. A cette Žpoque, Jacques Allier amenait ˆ Paris le stock mondial d'eau lourde de l'usine de Norvge. Mais l'incroyable percŽe des Allemands ˆ Sedan au mois de mai allait m'obliger ˆ rentrer au QuŽbec.

1943. J'entrais au Laboratoire de MontrŽal, continuation de celui de Joliot au Collge de France, situŽ dans la b‰tisse de l'UniversitŽ de MontrŽal, crŽŽ sur l'initiative de Halban. Je poursuivis lˆ mes recherches sur les neutrons jusqu'en 1946. Ce laboratoire canadien a abouti ˆ la crŽation de ZEEP et de plusieurs autres piles. ZEEP fut la 1re pile a fonctionner en dehors des ƒtats-Unis. Quatre QuŽbŽcois y ont travaillŽ et ont eu dans la suite une carrire scientifique : Paul Lorrain, dŽcŽdŽ en 2006; Jacques HŽbert, Colette Fortier et moi-mme qui survivons.

2008. Quelles furent les consŽquences pour le QuŽbec et pour moi-mme, de ces ŽvŽnements que j'ai vŽcus et auxquels j'ai participŽ modestement? Je prŽsente un bilan sommaire. Pour moi, j'y ai trouvŽ ma voie dans la science de l'atome. Pour la langue franaise, ce fut une catastrophe ˆ l'insu des intŽressŽs.

Texte soumis pour le congrs du CTHS ComitŽ des travaux historiques et scientifiques ˆ QuŽbec du 2 au 6 juin 2008. (http://www.cths.fr/top) remaniŽ depuis lors.

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1938-1939. Octobre-septembre.

L'annŽe 1938 Žtait chargŽe de lourds prŽsages qui allaient bient™t se concrŽtiser en un horrible conflit universel. Mais j'avais 24 ans, Žtant totalement ignorant et indiffŽrent des questions politiques, et mon rve se rŽalisait. Car j'obtenais enfin une (demi-)bourse du SecrŽtariat du Gouvernement du QuŽbec. C'Žtait pour aller Žtudier en France ˆ l'ƒcole normale supŽrieure, gr‰ce au concours bienveillant de LŽon Lortie, Ernest Gendreau, Edmond Buron et de plusieurs autoritŽs dont Jean BruchŽsi au QuŽbec, CŽlestin BouglŽ, Directeur de l'ENS et Georges Bruhat, Directeur scientifique de l'ENS. DŽbut novembre, j'arrivais en France o Edmond Buron, archiviste canadien ˆ La Flche et ˆ Paris, m'accueillait. Il habitait 52, rue de Maubeuge dans le 9e arrondissement. J'Žtais en compagnie de Jacques Leduc, qui lui aussi allait Žtudier ˆ cette mme Žcole en lettres. Lui et moi partagions une bourse du QuŽbec. Jacques Leduc devait revenir le 12 juillet 1939, par le paquebot France, aprs une brve hospitalisation ˆ l'Institut Pasteur, pour mourir dans sa famille d'une maladie cardiaque qu'alors on ne savait pas guŽrir.

 

Ë l'ENS, plusieurs personnalitŽs de la science franaise s'affairaient ˆ nous instruire, mes camarades de promotion et moi. En chimie, Paul Pascal le minŽraliste et Georges Dupont l'organicien, auteurs et rŽdacteurs d'encyclopŽdies, l'un de la chimie minŽrale, l'autre de la chimie organique; en physique Georges Bruhat auteur sous sa seule signature d'un cours de physique en une demi-douzaine de tomes, Eugne Bloch le spectroscopiste, affectueusement surnommŽ le grand, assistŽ de son frre LŽon, de moindre taille et aussi bien surnommŽ le petit. Pierre Auger. Louis de Broglie qui nous parlait et nous faisait parler de physique atomique et de mŽcanique ondulatoire. Par dessus le marchŽ, j'essayai d'Žcouter les cours de Borel en Sorbonne sur les probabiitŽs.

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Fig. 1. Le TrocadŽro pavoisŽ, nuit du 14 juillet 1939. Le vent agite les banderolles et les feuilles des platanes, les ttes de la foule se dessinent dans le bas.

 

1939. Le 14 juillet. Plusieurs amis et moi, nous commenons une virŽe en longeant le TrocadŽro patriotiquement pavoisŽ, o le PrŽsident Lebrun vient de livrer un discours, puis, portŽs par une foule compacte, nous nous dirigeons vers la butte Montmartre, lˆ, nous entrons au cŽlbre Lapin agile, cabaret artistique o on nous joue de la vielle et on nous sert des cerises ˆ l'eau-de-vie. Nous faisons un passage ŽcourtŽ au restaurant La CrŽmaillre. La fte nocturne s'achve pour notre groupe sur une gratinŽe dans un restaurant aveyronnais des Halles, Le Pre Tranquille. Le groupe initial s'Žtait rŽduit graduellememt et ne contenant plus, ˆ la dernire Žtape, que Simone Meillon, Germaine de Pocas, un Žtudiant indien et moi. Et nous rentrons par le 1er mŽtro sous l'aube naissante. RŽf. 1.

 

Le concours d'agrŽgation des sciences physiques Žtant terminŽ pour moi (voyez Annexe 1), je partais sac au dos, logŽ dans les Auberges de jeunesse, faire la route des crtes en Alsace au mois d'aožt, de la roseraie de Saverne au monastre de Sainte-Odile, puis ˆ l'Auberge de Xonrupt sur le Lac Blanc, au Champ de Feu au Hohwald et au Ballon d'Alsace. C'est ainsi que je parcourus 40 km en une dizaine d'heures, la distance du marathon olympique sinon sa vitesse, pour arriver ˆ l'auberge de Xonrupt ˆ la nuit tombŽe. Alfred Kastler a vu le jour non loin du Ballon d'Alsace, ˆ Guebwiller (3V1902-Bandol 7I1984). Il Žtait prŽsident de mon jury d'agrŽgation. Il dŽcouvrit en 1959 le 1er procŽdŽ de pompage optique, anctre du laser aux innombrables applications. Il a obtenu le prix Nobel de physique en 1966. Il a ŽtŽ plus tard professeur invitŽ aux UniversitŽs de MontrŽal et de Trois-Rivires. Il fut un collaborateur de Science et Francophonie. Il fut membre de la LISULF (section franaise ANSULF), au sein de laquelle il prcha le bilinguisme franco-allemand : "Zweisprachsprachig ist unser zukunft."  (Notre furur est bilingue). RŽf. 2.

 

Ne pas confondre avec le bilinguisme franco-anglais..

 

Au sujet du Lac Blanc, j'ai recueilli deux anecdotes ou lŽgendes, l'une ancienne, l'autre moderne. L'ancienne se rapporte ˆ Charlemagne, qui s'Žtait Žpris de ce lieu; au point de pŽrenniser son attachement par un procŽdŽ inusitŽ : il y jeta un anneau d'or, que personne n'a retrouvŽ depuis lors. L'autre anecdote, et je devrais dire plut™t information, est que ce lac sert de rŽservoir tampon pour l'hydroŽlectricitŽ d'Alsace. Dans les pŽriodes creuses, un barrage sur le Rhin non loin et plus bas y pompe de l'eau, qu'on laisse ensuite Žcouler pour ajouter ˆ la production d'ŽlectricitŽ aux pŽriodes de grande demande. C'est ce qu'on appelle une STEP Station de transfert d'Žnergie par pompage, aux consŽquences Žcologiques surveillŽes.

 

Ë la plage du Lac Blanc, j'ai remarquŽ une affiche inoubliable parce que rŽdigŽe dans un bien curieux langage : "Es ist strengtens untersachs ohne Badenkostume sich zu badieren". ƒtait-ce en un dialecte alŽmanique?

 

Je revins plus tard en Alsace ˆ partir du colloque sur l'ionographie organisŽ en 1957 par Pierre CŸer ˆ son lab0ratoire de Cronenbourg et en 1970-71 ˆ l'occasion de mon annŽe sabbatique passŽe comme Gast-professor ˆ l'universitŽ Goethe de Francfort-sur-le-Main auprs du Pof. Erwin Schopper. Le laboratoire de Cronenbourg a ŽtŽ crŽŽ par le CNRS sur la recommandation insistante de Mlle Marguerite Perey (1909-1975) ˆ la suite de la dŽcouverte par cette dernire en 1938 de l'ŽlŽment Francium 87, un alcalin radioactif situŽ entre le Radon 86 et le Radium 88. L'exemple de Mlle Perey m'a guidŽ dans le choix d'un nom pour baptiser, en 1995, l'ŽlŽment spŽculatif 118 qui serait le gaz rare terminant la dernire pŽriode connue : j'ai choisi QuŽbŽcium. La marraine fut Huguette Proulx-Arsenault. RŽf.  3, 4, 5, 6.

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Fig. 2. Marguerite Perey 1909-1975.

 

De retour ˆ Paris, je repartais trouver mon camarade de l'ENS Jean Schiltz ˆ Charleville dans les Ardennes, dans l'intention d'une nouvelle randonnŽe qui devait commencer par le monastre des Trappistes d'Orval en Belgique, affiliŽ ˆ celui d'Oka prs de MontrŽal, o l'on fabriquait le rŽputŽ fromage d'Oka. Mais les rumeurs d'un conflit imminent et de mobilisation gŽnŽrale couprent court ˆ ce projet et je revins ˆ Paris.

 

1939-1940. Septembre ˆ mai.

La dr™le de guerre Žtait dŽclarŽe, avec les apparences d'un temps de paix. Mon agrŽgŽ-prŽparateur de physique Pierre Grivet, futur AcadŽmicien, me conseilla : "Pour toi, c'est le laboratoire de Louis Leprince-Ringuet ˆ l'ƒcole Polytechnique sur le rayonnement cosmique ou bien celui de FrŽdŽric Joliot-Curie au Collge de France sur la physique nuclŽaire". Je me sentais plus en pays de connaissance en physique nuclŽaire ˆ cause de la tradition de Rayons-X et de radioactivitŽ que reprŽsentait pour moi mon professeur Ernest Gendreau de l'UniversitŽ de MontrŽal, et j'optai pour le laboratoire Joliot.

 

J'ai compris plus tard que je sortais d'une marmite ˆ dŽcouvertes, pour rentrer dans une autre. Le laboratoire de Joliot Žtait la nouvelle marmite. Je veux parler de celle que je quittais ˆ l'ENS. o ThŽrse Mayer-Grivet, Žpouse de Pierre Grivet venait de rŽaliser avec Pierre Auger et Roland Maze la dŽcouverte des grandes gerbes cosmiques, encore inexpliquŽes de nos jours, qui nous arrivent en permanence de l'espace et qui ont suscitŽ rŽcemment l'installation de dispositifs de dŽtection de grande envergure en Argentine, en Afrique etc. Pierre Auger Žtait l'un de mes professeurs ˆ l'ENS. Certaines de leurs expŽriences furent faites au printemps 1939 sur le terrain de l'ENS, selon ce que je sais, sur le toit que j'ai photographiŽ fin automne 1938. RŽf. 7.

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Fig. 3. Automne 1938, photo du toit de l'ENS, surplombant la rue Lhomond. Germaine de Jocas cachant en partie le d™me du PanthŽon et Juliette Chabot, de la Bibliothque municipale de MontrŽal. Ë droite une tour du LycŽe Henri IV, que dans mes souvenirs j'appelle tour Saint-Louis mais qui est connue sous le nom de tour Clovis.  Sur ce toit eurent lieu les premires observations des grandes gerbes atmosphŽriques par Pierre Auger et ses collaborateurs au dŽbut de l'annŽe 1938. Photo Pierre Demers

 

D'ailleurs, la marmite 1939 avait son emprise sur les alentours de l'ENS puisque la dŽcouverte du Francium fut faite par Mlle Perey ˆ l'Institut du Radium situŽ dans le mme quartier que l'ENS. Elle fut annoncŽe aux Comptes rendus de l'AcadŽmie des sciences en janvier 1939.

 

En septembre 1939, je n'Žtais plus logŽ ˆ l'ENS, rue d'Ulm, mais plut™t ˆ la CitŽ universitaire de Paris, boulevard Jourdan, dans le 14e. Tant™t ce fut ˆ la Maison des Žtudiants canadiens, directeur Firmin Roz et tant™t aux Provinces de France. Je circulais ˆ bicyclette, sur une Alcyon blanche.

 

Mon 1er contact avec le laboratoire Joliot au Collge de France rue des ƒcoles dans le 5e, me mit en prŽsence de Hans von Halban, qui me conseilla des lectures : des ActualitŽs Hermann, Les Atomes de Jean Perrin et Le Hasard d'ƒmile Borel.

 

Je retrouvai lˆ brivement (Franoise) Chaminade une camarade de l'ENS de Cachan je crois. On m'apprit qu'il ne fallait rien dire ˆ quiconque de mes travaux. Ce fut mon 1er contact avec les politiques du secret, tellement contraires ˆ l'esprit scientifique et au culte de la vŽritŽ. qui dominent encore dans le monde 70 ans plus tard.

 

La plus grande partie de mon temps se passait au Laboratoire de synthse atomique ˆ Ivry-sur-Seine. Je fis des mesures de sections efficaces, ce qui est une manire de dire : de coefficients d'interaction, capture et diffusion, des neutrons dans diffŽrentes matires : carbone, eau lourde, aluminium etc. Neutrons de diffŽrentes Žnergies, dŽfinies par les dŽtecteurs utilisŽs : dysprosium, indium, or que les neutrons rendaient radioactifs. Dysprosium mesurait sensiblement les neutrons thermiques, au voisinage de 0,016 Ž.v., indium, ceux de 0,6 Ž.v., or ceux de 2,7 Ž.v.. Je mesurais la radioactivitŽ des dŽtecteurs au moyen de compteurs de Geiger-MŸller. Geiger veut dire violoniste et MŸller, meunier. Les physiciens allemands Geiger et Muller ont-ils frŽquentŽ les laboratoires de Paris? - Quelques annŽes plus tard, la paix Žtant revenue, deux pres jŽsuites de langue franaise firent des confŽrences ˆ MontrŽal. L'un s'appelait Geiger et l'autre, MŸller.

 

J'ai appris depuis ce temps un peu de ce qui s'Žtait passŽ avant mon arrivŽe, entre autres le dŽp™t d'une demande de brevet au nom du CNRS le 4 mai 1939, intitulŽ : "Perfectionnements aux charges explosives" No 971.324. Y-est dŽcrite la possibilitŽ d'une rŽaction en cha”ne explosive de l'uranium, propagŽe par les neutrons, libŽrŽs en nombres supŽrieurs ˆ l'unitŽ dans chaque rupture des noyaux. Cette demande fait rŽfŽrence ˆ une prŽcŽdente, dŽposŽe le 1er mai 1939, intitulŽe : "Dispositif de production d'Žnergie". Fig. 4.

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Fig. 4. Demande de brevet au nom du CNRS le 4 mai 1939, intitulŽ : "Perfectionnements aux charges explosives" No 971.324. Y est dŽcrite la possibilitŽ d'une rŽaction en cha”ne explosive de l'uranium, propagŽe par les neutrons, libŽrŽs en nombres supŽrieurs ˆ l'unitŽ dans chaque rupture des noyaux. Cette demande fait rŽfŽrence ˆ une prŽcŽdente, dŽposŽe le 1er mai 1939, intitulŽe : "Dispositif de production d'Žnergie".

 

PersonnalitŽs.

J'essaie d'ŽnumŽrer les personnalitŽs rencontrŽes dans ces laboratoires.

 

FrŽdŽric Joliot-Curie. Une fois, au cours d'un repas, il sortit de sa poche un papier et me demanda de le lire : c'Žtait le cŽlbre ÒSiÒ de Rudyard Kipling, qui se termine ainsi : Ò alors, tu seras un homme, mon filsÒ. Il Žtait un homme affable et dŽterminŽ. Une autre fois, il nous raconta que les Žchanges ferroviaires entre France et Allemagne se rŽalisaient fort bien, ˆ travers la PrincipautŽ du Luxembourg. Une autre fois encore, il nous montra un canif rŽalisŽ dans un alliage nouveau, vermeil, dur et luisant; Žtait-ce un bronze d'aluminium? Et j'en ai oubliŽ. Je crois qu'il nous apportait ainsi les Žchos des nombreux comitŽs dont il faisait partie.

 

Son Žpouse Irne Curie, peu bavarde.

 

Hans von Halban, d'origine suisse et autrichienne; ˆ l'automne 1939, il m'invita une fois chez lui avec son Žpouse originaire des Pays-Bas, pays des tulipes , et j'arrivai avec dans les bras un bouquet de tulipes, Žvidemment tout ˆ fait hors saison. Le bouquet fut fort apprŽciŽ. Je me rendis ˆ son invitation en compagnie de Kowarski.

 

Lev Kowarski, originaire de Dantzig, donc ˆ la fois russe, polonais et allemand. Bon gŽant, cultivŽ, avcc qui je sympathisais particuirement.

 

Paul Langevin, professeur ˆ l'ƒcole de chimie et de physique de la Ville de Paris rue Lhomond, qui fit un sŽminaire; cette fois, il ne dŽploya pas l'Žloquence persuasive, qu'il rŽservait pour les rŽunions de son Union rationaliste.

 

Charles-Philippe Leblond et son Žpouse Gertrude, qui expŽrimentaient dŽjˆ avec l'iode radioactif comme traceur biologique sur des animaux de laboratoire. Pour eux, la vie Žtait une course perpŽtuelle ˆ cause de la pŽriode trs courte du seul isotope radioactif de l'iode alors disponible.  Plus tard, nous nous retrouv‰mes ˆ MontrŽal.

 

Je les rencontrai pour fter l'Action de gr‰ces 1939. C'Žtait chez les Bonnerot, 9, rue ThŽnard, dans le 5e, o vivait Sherwood K. Haynes et sur l'invitation de ce dernier. Cette fte est cŽlŽbrŽe en AmŽrique du Nord ˆ deux dates diffŽrentes : en octobre pour la canadienne et en novembre pour l'Žtats-unienne. Or c'Žtait le 30 novembre. J'en ai conservŽ le menu manuscrit de la main de Haynes, autographiŽ par les convives sauf moi-mme. Haynes a commencŽ de faire autographier son exemplaire du menu, j'ai fait comme lui. On mangea de la dinde avec des canneberges; des bžches flambaient dans la cheminŽe. Fig. 5.

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Fig.5 . On reconna”t les autographes de F. Joliot, Irne Joliot-Curie, HŽlne J. Bonnerot,. Jean Bonnerot, Alain Bonnerot, Alex Bonnerot, C. P. Leblond, Gertrude Leblond, Marie Finklestein de Suisse, Sherwood K. Haynes, (Pierre assistait, de la main de mon pre Alfred).

 

Avec l'AmŽricain Sherwood K. Haynes, j'allai manger au restaurant Roger La Grenouille. Plus tard, il a fait carrire dans l'enseignement et il fut crŽŽ un prix qui porte son nom ˆ l'UniversitŽ (Ann Arbor) du Michigan RŽf. 8.

 

Paul Savel, futur Directeur du laboratoire d'Ivry.

 

L'Espagnol Mans.

 

Le sympathique Italien Bruno Pontecorvo, ancien collaborateur  ˆ Rome de Fermi et de Franco Rasetti, ce dernier qui devint professeur ˆ l'UniversitŽ Laval ˆ QuŽbec et y fit des expŽriences sur la diffraction anisotrope des neutrons thermiques par les cristaux de calcite, dŽmontrant que les neutrons possdent la dualitŽ onde-corpuscule tout autant que les Žlectrons et les photons. Pontecorvo, porteur d'un passeport canadien, passa aux SoviŽtiques en 1950. Au Laboratoire d'Ivry, il expŽrimenta avec le grand gŽnŽrateur Žlectrostatique d'impulsions, dont les dŽcharges faisaient un vacarme de tonnerre dans un hall tout de t™le fermŽ. Il me parlait de sa jeunesse de saltimbanque : il circulait ˆ bicyclette installŽ ˆ reculons. - Au carnet mondain du laboratoire : j'ai eu connaissance de son mariage avec une suŽdoise, le 5 janvier 1940. - Enrico Persico, qui fut en Italie professeur de plusieurs contemporains d'Enrico Fermi, fut plus tard lui aussi professeur ˆ l'UniversitŽ Laval aprs Rasetti.

 

Le technicien Delattre, dont le pre Žtait nŽgociant en farine;

 

Le concierge Calot et son Žpouse, qui nous servaient des repas du midi dŽlicieux. C'est ainsi que je gožtai pour la 1re fois du cheval;

 

Pierre SŸe, chimiste, qui avait son laboratoire au Collge de France, avec lequel je me sentais en amitiŽ, qui crŽait ˆ ce moment la revue Atomes, dirigŽe plus tard par Cherqui, perpŽtuŽe sous le nom de La Recherche. Il a pu conna”tre le chimiste (Paul) de PassilliŽ, de l'ƒcole polytechnique de MontrŽal, qui, vers 1935, a rŽalisŽ son doctorat concernant le phosphore au Collge de France, dans le laboratoire de Charles Moureu.

 

Les Portugais da Silva de l'UniversitŽ de Co•mbra, auquel je rendis visite chez lui en juin 1940; et Gibert, de l'UniversitŽ de Lisbonne, qui chercha ˆ rŽaliser une industrie nuclŽaire plus tard dans son pays;

 

Le Russe ou Polonais Zlotowsky.

 

Je crois avoir vu lˆ le Franais Serge Gorodetzky de l'Institut du Radium, que j'ai retrouvŽ plus tard ˆ Strasbourg.

 

La Japonaise Yuasa qui Žtait une chrŽtienne; elle a connu la musicienne Maryvonne Kendergi, de l'UniversitŽ de MontrŽal, avec qui je converse parfois, mais qui n'a gure de souvenirs d'elle. 4850, avenue de la c™te des Neiges, app. 810, H3V 1G5, 514 731 9500. Yuasa et moi, nous f”mes quelques mesures sur les neutrons ensemble. J'ai notŽ ˆ son sujet : "manque un peu d'imagination".

 

Le Chinois Tsien-San-Tsiang avec son Žpouse Hoh-Zah-Wei qui devaient faire plus tard, comme moi, des travaux par ionographie sur la fission. Tsien dirigea plus tard l'Žnergie atomique chinoise. Je crois que c'est lui qui, sous le nom de Chien, visita le CERN plus tard. RŽf. 9.

 

J'ai eu plus tard un lien avec l'Žnergie atomique du Pakistan, pays limitrophe de la Chine, puisque mon ancien Žlve au doctorat, Ishfaq Ahmad y est devenu directeur scientifique d'ƒnergie atomique Pakistan ˆ Islamabad et maintenant ˆ la retraite.

 

De toute cette population scientifique du laboratoire Joliot, il ne resterait en France qu'un survivant, le technicien Georges Ligonnire, qui Žtait attachŽ au Collge de France, maintenant nonagŽnaire. RŽf. 36.

 

La chambre noire, l'Žcriteau.

Il y avait, dans le labratoire d'Ivry, une chambre noire donnant sur la pice o je rŽalisai la plupart de mes expŽriences sur les neutrons. Joliot et Halban, chacun de son c™tŽ, me dirent plusieurs fois : "Demers, lˆ est votre avenir, vous tes chimiste, vous pratiquerez la mŽthode photographique". Ë l'Žpoque, la mŽthode photographique ne me disait rien du tout. J'ignorais que l'Autrichienne Marietta Blau en avait illustrŽ les premiers pas au Laboratoire de Marie Curie quelques annŽes auparavant, en dŽcouvrant entre autres les Žtoiles cosmiques visibles sous le microscope. J'ignorais encore plus, si je peux dire, que j'allais consacrer ˆ la mŽthode photographique 30 annŽes de ma vie et Žcrire un livre ˆ son sujet : Ionographie Les Žmulsions photographiques nuclŽaires. Fig. 6. RŽf. 4.

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Fig. 6Ivry-sur-Seine. Laboratoire de synthse atomique. Photo merci Ginette Gablot.

 

Autre anticipation ou orientation dans ma carrire, que je me pla”s ˆ apercevoir dans le stage que je dŽcris. Le nom mme sur l'Žcriteau qui domine l'entrŽe du laboratoire d'Ivry est troublant. Que veut dire en effet, synthse atomique? Comment peut-on prŽtendre mettre ensemble (c'est bien le sens d'une synthse, de sun et tithmi, ensemble et mettre) une chose qui n'a pas de partie (a pour alpha privatif et tomos partie)? Atome, primitivement, voulait dire insŽcable. Kowarski Žlaborait volontiers sur cette antinomie, pour ne pas dire cette absurditŽ. Atome, dans le langage convenu, s'applique ˆ la constitution de la matire en noyaux et Žlectrons les entourant, qu'on peut dissocier ou modifier au moyen d'une Žnergie de quelques Žlectrons-volts par particule, qui peuvent s'associer pour donner des molŽcules dont celles des tres vivants. La rŽdaction de l'Žcriteau s'appliquait aux expŽriences comme celle de Leblond, qui modifiait les noyaux des atomes d'iode pour les rendre radioactifs.et en former ainsi des traceurs ou indicateurs radioactifs.

 

Prise dans son sens propre, l'intention exprimŽe par l'Žcriteau couvre toute la physique de l'atome et de ses constituants, donc la physique atomique et subatomique. Or la mŽthode photographique que j'ai longuement pratiquŽe ˆ partie de 1945 s'appliquait ˆ la physique subatomique, tandis que le systme du quŽbŽcium que je dŽveloppe depuis 1995 s'applique ˆ a physique atomique. J'aperois dans cet Žcriteau une valeur anticipatrice pour toute ma carrire. RŽf. 4, 5., 6.

 

Vacances 1940.

Vacances de neige.

Mois de janvier, je suis ˆ l'Alpe d'Huez. via Grenoble. J'y rencontre Marie-Paule Colllotte. - Vacances de P‰ques cyclistes. Les ch‰teaux de la Loire en compagnie du philosophe AndrŽ Dagenais. Dans les h™tels, il n'y a pas de place libre parce que toutes les chambres sont rŽservŽes pour le repli escomptŽ de la Banque de France, mais comme aucune des chambres n'est effectivement occupŽe, on nous accueille gratis!

 

Le Grand DŽrangement des Franais.

Et ce que l'avenir avait en rŽserve finit par Žclater. En mai, c'Žtait l'incroyable percŽe des Allemands ˆ Sedan et la dŽroute de l'armŽe franaise dŽbordŽe et ŽnormŽment gnŽe dans ses dŽplacements vers le front, les civils Francais ayant plus ou moins l'ordre de fuir vers le sud. En compagnie d'AndrŽ Dagenais, je vais ˆ une soirŽe extraordinaire de l'OpŽra Garnier consacrŽe ˆ Charles PŽguy, Žcrivain catholique et patriotique avec les sociŽtaires de la ComŽdie Francaise dont Berthe Bovy. Ce fut une rŽvŽlation Žmouvante pour moi. "Le petit enfant qui s'endort en disant sa prire", "Paris double vaisseau de charge", "Heureux ceux qui sont morts". Aprs la reprŽsentation, nous nous sommes attardŽs au Bar laitier dont la faade donnait sur le c™tŽ ouest de l'OpŽra, rue Auber ou rue Scribe. J'Žtais trs impressionnŽ. Dagenais ne l'Žtait pas autant que moi. Dans un Žclair de vŽritŽ, je venais d'apercevoir un peu du monde de la piŽtŽ, de la poŽsie et de la rŽflexion; pour Dagenais, Žtant philosophe, ce monde Žtait familier. 427, avenue Willowdale, Outremont, H3T 1H2, 514 733 3905

 

AndrŽ Dagenais m'a rappelŽ qu'ˆ la mme Žpoque, nous sommes allŽs ensemble voir l'opŽra de Mozart La flžte enchantŽe Die Zauberfl¿te. Les Franais ne pŽchaient pas par chauvinisme!

 

Presque toutes les nuits, alerte des sirnes et course vers les abris dans les jardins de la CitŽ universitaires. Et finalement c'est le Grand DŽrangement du XXe sicle, un peu comme le (relativement Petit) Grand DŽrangement des Acadiens au XVIIIe, en 1755, prŽcŽdant la prise de QuŽbec en 1760. DŽclenchŽs par des Anglo-Saxons dans les deux cas. Le plus ancien concerna une population francophone modeste (environ 15000) mais une immensitŽ territoriale qu'il fallait rŽserver ˆ l'immigration anglophone; le plus rŽcent toucha des millions de Franais et facilita l'occupation de l'Hexagone par les Allemands. RŽf. 10.

 

Les Parisiens sont massŽs aux abords de la gare Montparnasse. Je laisse tous mes bagages aux soins d'Aleksander Aspel, Esthonien donc neutre. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus. Et je prends la route sur ma bicyclette avec mon sac au dos. AndrŽ Dagenais Žtait parti ˆ Rennes, d'o il gagna l'Angleterre et il fut bient™t rapatriŽ au QuŽbec. Voici le calendrier de mon odyssŽe. Fig. 7.

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Fig. 7. Calendrier 1940. 10 mai, percŽe des Allemands ˆ Sedan. 9 juin, mon dŽpart de Paris. 22 juin, Armistice. 27 juillet, mon embarquement ˆ Lisbonne. 10 ou 11 aožt, mon arrivŽe ˆ MontrŽal.

 

Mon retour, l'odyssŽe.

Le 1re Žtape est facile, le dimanche 9 juin. le Nord-Sud me dŽpose ˆ son terminus de Saint-RŽmy-les-Chevreuse en compagnie de l'Žtudiant danois Perry Scheller. Nos bicyclettes nous accompagnent.

 

Nous pŽdalons vers le sud. Bient™t nous nous sŽparons, Scheller va vers Rennes et l'Atlantique afin de rejoindre l'Angleterre et moi j'entreprends d'atteindre le Portugal o m'attirait Salazar alors douŽ de bonne rŽputation. Je poursuis vers Chartres, dormant dans les abris ou en plein air et j'arrive ˆ Angoulme o je perds ma bicyclette. Je fis escale au ch‰teau d'Azay-le-Rideau o le Directeur Ch‰telet me dŽlivra un certificat de mon agrŽgation des sciences physiques. Joliot m'avait donnŽ des instructions Žcrites de rallier son laboratoire repliŽ ˆ Clermont-Ferrand mais je passai outre. La SNCF me dŽposa ˆ Bordeaux et j'Žtais ˆ Biarritz le jour de l'Armistice le samedi 22 juin 1940..

 

La poŽtesse Simone Routhier Žtait, comme Edmond Buron, fonctionnaire du Canada en France. Elle a racontŽ son propre dŽplacement, entre le 10 mai et le 17 juin, dans un livre : "Adieu Paris". Elle abandonna son appartement tout meublŽ ˆ Paris. Fig. 8.

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Fig.8 . "Adieu Paris". Simone Routhier. 10 mai - 17 juin 1940.

 

Edmond Buron ne voulait pas abandonner ses enfants Žtablis en France et je sais qu'il a vŽcu aux environs de Bordeaux. De lui j'ai connu son frre jŽsuite, prof. de chimie et son neveu cinŽaste Pierre Buron qui rŽalisa "Bombe A ˆ MontrŽal", o j'apparais. RŽf. 11.

 

Au sujet de ce film, Bertrand Goldschmidt m'a confiŽ son apprŽciation : "Ni trs bon ni trs mauvais." C'Žtait au cours d'une rencontre, vers 1987, au Palais de la dŽcouverte, o il racontait, avec plusieurs autres,  l'historique de l'ƒnergie atomique en France.

 

Aprs un mois d'attente aux agrŽables plages portugaises d'Estoril et Cascais, o je me liai d'amitiŽ avec l'artiste peintre britannique Charles-Timothy Osborne Hill, je rentrais chez mes parents ˆ MontrŽal au mois d'aožt, ˆ bord du vaisseau portugais Luso, ancien allemand Germanicus. Je m'embarquai le samedi 27 juillet 1940. - Camillien Houde avait ŽtŽ mis en prison pour refus de collaborer ˆ la mobilisation dŽcrŽtŽe par Ottawa. Je dŽbarquai au Port de MontrŽalle samedi 10 aožt 1940 ou le lendemain.

...

1942-1946. Le Laboratoire de MontrŽal

Novembre-dŽcembre 1942, je recois un appel mystŽrieux : Hans von Halban Žtait ˆ MontrŽal et voulait me rencontrer. Ce qui eut lieu au cours d'un repas auquel il m'invita, c'Žtait dans l'H™tel Mont-Royal, sur la rue Sherbrooke, disparu comme tel depuis ce temps. Il m'offrait de continuer mes recherches entreprises avec lui et Joliot. Mon employeur industriel consent ˆ me libŽrer et je deviens fonctionnaire du gouvernement d'Ottawa dans une agence ultra-secrte qui sera connue dans l'histoire comme "Le projet atomique du Canada" ou "Le Laboratoire de MontrŽal". Elle est devenue une corporation de la Couronne fondŽe en 1952 RŽf.12, 13, 14, 15

 

En attendant la disponibilitŽ des locaux louŽs dans l'UniversitŽ de MontrŽal ˆ la C™te des Neiges encore en construction, l'Žquipe se rŽunissait ds janvier 1943 au 3470 rue Simpson, dans une grande maison lŽguŽe ˆ l'UniversitŽ McGill, longŽe par un chemin piŽtonnier continuant la rue Summerhill. Je rencontrai lˆ 2 Franais que je connaissais :

 

Pierre Auger, qui avait ŽtŽ mon professeur ˆ l'ENS, qui devenait le Directeur de la physique;

Hans von Halban, Directeur du Laboratoire;

(3e Franais, Lew Kowarski, devait venir plus tard);

et 2 que je ne connaissais pas encore, donc 5 au total:

Jules GuŽron, chimiste de Strasbourg;

Bertrand Goldschmidt, chimiste, qui fut le dernier Žlve de Marie Curie ˆ l'Institut du Radium de Paris; il avait ses entrŽes dans les laboratoires amŽricains; sa mre vivait ˆ New-York.

 

Bruno Pontecorvo rejoignit l'Žquipe bient™t, aprs un stage dans l'industrie pŽtrolire aux ƒ.-U.

Il y avait aussi Pranz Paneth et son fils Fritz Paneth, d'Autriche. - Ces internationaux savaient le franais et le parlaient par choix.

 

Une quinzaine de physiciens, mathŽmaticiens, chimistes et ingŽnieurs s'ajoutaient ˆ cette liste, venus du Royaume-Uni. Entre autres Alan Nunn May qui fut mon chef immŽdiat, lՎlectronicien Freundich. Plusieurs avaient participŽ ˆ la crŽation du radar qui fut l'arme secrte extrmement valable prŽvenant les Britanniques des bombardements aŽriens provenant du continent. D'autres collgues avaient diverses origines, par exemple Watson-Munro de Nouvelle-ZŽlande. Ce dernier, avec Lew Kowarski, allait bient™t rŽaliser ce bijou de ZEEP, pile expŽrimentale d'Žnergie zŽro, ˆ base d'uranium canadien et d'eau lourde canadienne, qui a servi ˆ mes expŽriences.

 

Le ROC (reste du Canada) Žtait reprŽsentŽ entre autres par :

George C. Laurence, descendant du cŽlbre gŽnŽral qui fit la dŽportation des Acadiens au 18e (le Grand dŽrangement), patriote canadien et sorte d'Žminence grise du projet, avec le ministre C. D. Howe.;

Bernice W. Sargent, ancien collaborateur de Rutherford et dŽtachŽ de l'UniversitŽ Quuen's ˆ Kingston, Ontario. Laurence et Sargent passrent prs de rŽaliser avant 1943 la 1re pile fonctionnelle, avant Fermi, par un empilement de graphite et d'oxyde d'uranium. Mais leur graphite contenait une quantitŽ excessive de l'ŽlŽment bore, et autres poisons pour la rŽaction des neutrons sur l'uranium.

George Volkoff, de l'UniversitŽ de Colombie-Brtannique.

 

Il y eut 4 QuŽbŽcois scientifiques francophones qui avons fait ensuite carrire dans l'enseignement : Paul Lorrain dŽcŽdŽ en 2006.

Jacques HŽbert (le physicien, pas le sŽnateur dŽcŽdŽ en 2008), 355, boul. Riel, Gatineau, J8Z 1B3, 819 777 6114,  ;

Colette Fortier; 15, avenue Saint-Joseph, Saint-Sauveur-des-Monts, J0R 1R5, 450 227 8753, cfortier@molignak.qc.ca;

moi-mme Pierre Demers qui survivons. Je dois ajouter le chimiste Adrien Cambron du CNRech. ˆ Ottawa et l'ingŽnieur Desbarats de Trois-Rivires qui dirigea des travaux de gŽnie au site de Chalk River. Je converse parfois avec la veuve d'Adrien Cambron qui s'appelle Maude-Esther-Pierrette Bariteau, 715, rue d'Hibernia, MontrŽal H3K 2T3, 514 935 0075; et avec son fils Pierre Cambron, 713, rue d'Hibernia, MontrŽal, H3K 2T3, 514 989 8753.

 

La composition du laboratoire en 1943, RŽf. 14. Fig. 9.

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Fig. 9. Quelques membres du laboratoire 1943. Debout: A.M. Munn (C), B.L. Goldschmidt, J.W. Ozeroff (C), B.W. Sargent (C), G.A. Graham (C), J. GuŽron, H.F. Freundlich, H.H. Halban, R.E. Newell, F.R. Jackson, J.D. Cockroft (en visile au Laboratoire), P. Auger, S.G. Bauer, N.Q. Laurence, A. Nunn May. Assis: W.J. Knowles (C), P. Demers (C), J.R. Leicester, H. Seligman, E.D. Courant, E.P. Hincks (C), F.W. Fenning, G.C. Laurence (C), B. Pontecorvo, G.M. Volkoff (C), A. Weinberg (Agent de Liaison des USA), G. Placzek.

 

Une grande nouvelle nous fut rapidement communiquŽe. En langage code : ÇÉle navigateur italien vient dÕatterrir dans le nouveau monde È. (Sans doute traduit de l'anglais). Cˆd : Fermi a rŽussi dans son entreprise. Ou encore : "Une pile graphite - uranium a effectivement divergŽ. C'Žtait sous les gradins du stade de football de l'UniversitŽ de Chicago, le 2 dŽcembre 1942.

 

Je poursuivis mes recherches sur les neutrons entreprises au Laboratoire de synthse atomique et sur d'autres sujets, entre autres les fragments de fission et les dŽtecteurs ionographiques et je me dŽplaai avec le laboratoire de MontrŽal ˆ Chalk River et Deep River, sur la Rivire des Outaouais. Ces appellations remontent ˆ Champlain qui remonta cette rivire jusquՈ des lieux quÕil nomma lÕun Rivire ˆ la Craie, et lˆ se trouve le laboratoire, et lÕautre Rivire Creuse, et lˆ se trouve le village atomique.

 

Je quittai le village atomique dans la soirŽe du 31 dŽcembre 1946, accompagnŽ de Paulette Loranger, pour rentrer ˆ MontrŽal. Et je pris un poste ˆ l'UniversitŽ de MontrŽal, dans le DŽpartement de physique dirigŽ par Marcel Rouault, ancien Žlve de l'ENS lui aussi, qui entretemps avait remplacŽ Ernest Gendreau.

 

Et voilˆ comment s'est terminŽe, sept ans plus tard, ma participation ˆ l'aventure atomique proprement dite, commencŽe dans le Laboratoire Joliot en septembre 1939.

...

2008

Il resterait ˆ exposer les consŽquences politiques pour le QuŽbec et pour la langue franaise de ces Žpisodes historiques dont j'ai ŽtŽ un tŽmoin privilŽgiŽ et un trs modeste acteur. Voici un essai. Pour ce qui touche la politique de la France, on trouve plusieurs textes historiques sur internet, entre autres celui de GuŽron sur Kowarski en 1980. RŽf.16.

 

Pour ce qui touche le QuŽbec et la langue franaise, je n'ai trouvŽ aucune rŽfŽrence ˆ part mes propres travaux. Les historiens et les scientifiques semblent s'tre donnŽ la consigne du mutisme, sinon de l'indiffŽrence. Terrain minŽ, se disent-ils? Trop difficile ˆ comprendre? Bo”te de Pandore, dont l'ouverture rŽvlerait des dŽsagrŽments? Et puis, il y a tant d'autres sujets plus pressants.

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Je rappelle mon exposŽ dans Science et Francophonie en 1990. RŽf. 17, 18, 19, 29. J'en mets en Žvidence la conclusion :

"Cette dichotomie - cette dŽcadence, commena de s'installer ˆ cause des concessions ˆ la langue anglaise que 2 Franais, naturalisŽs depuis peu, chargŽs des dŽcouvertes de Joliot, acceptrent et choisirent de faire, pour poursuivre efficacement leur travail en Angleterre puis au QuŽbec. Arrivant en Angleterre, ils se mirent en relation avec les Anglais, non avec la France Libre".

Conclusion.

Si De Gaulle avait su, s'il avait ŽtŽ informŽ ds le dŽbut, cette dichotomie entre France et langue franaise se serait-elle installŽe, avec les rŽsultats catastrophiques que l'on voit aujourd'hui?".

 

Un autre dŽsastre pour le QuŽbec et la langue franaise

Selon mon apprŽciation donc, l'aventure atomique fut une autre occasion ratŽe, cette fois-ci bien ˆ leur insu, pour les QuŽbŽcois. Que se serait-il passŽ si les politiciens quŽbŽcois avaient eu leur mot ˆ dire dans lÕentreprise atomique canadienne ˆ ses dŽbuts? Ils auraient pu lÕorienter selon les intŽrts du QuŽbec et, ajoutons-le, du reste du monde. LÕhypothse est parfaitement utopique parce que les puissances anglophones qui contr™lent  le Canada donc le QuŽbec, nÕont assurŽment pas songŽ un seul instant aux intŽrts du QuŽbec comme tel. Et je voudrais paraphraser cette phrase de LÕHumanitŽ : ¬Dans un monde idŽal lÕHumanitŽ nÕexisterait pas¬. Il faut bien dire que lÔhistoire des QuŽbŽcois et autres francophones dÕAmŽrique depuis la conqute, est une suite de dŽsastres et catastrophes. Mais voyons.

 

Les politiciens quŽbŽcois auraient pu alerter lÕopinion publique. LÕautoritŽ canadienne, pour raison d'ƒtat, se rŽsumait ˆ 2 anglophones du Gouvernement dÕOttawa : le Premier ministre Mackenzie King et son ministre Clarence-Decatur Howe, qui se sentaient forts de lÕapprobation tacite du ROC Reste du Canada. LÕautoritŽ canadienne, dÕailleurs dŽpendante de lÕautoritŽ britannique et encore plus de lÕautoritŽ amŽricaine, a fait vivre les QuŽbŽcois, y compris les rares d'entre eux  qui Žtions participants du projet, sous une chape de silence et dÕignorance. Du moins, nous Žtions chez nous. Mais les Franais et les autres internationaux se sentaient encore plus prisonniers de leurs engagements ˆ garder le secret. Il rŽgnait une psychose qui sÕest continuŽe aprs la guerre et qui a conduit ˆ lÕexŽcution des Žpoux Rosenberg, probablement innocents. Cette aventure aurait pu se dŽrouler tout autrement, pour le bŽnŽfice des QuŽbŽcois et de lÕhumanitŽ non-anglophone. Il a fallu ˆ 3 Franais une charge considŽrable de rŽflexion et de courage pour alerter de Gaulle au cours dÕun entretien ˆ la sauvette le 11 juillet 1944. Pourquoi les 2 Franais Halban et Kowarski ne lÕavaient-ils pas alertŽ ds leur arrivŽe en Angleterre en juin 1940?

 

Les 3 Franais : Pierre Auger, Bertrand Goldschmidt, Jules GuŽron.

 

 Je voudrais Žtablir un parallle avec une autre grande entreprise canadienne, la crŽation du chemin de fer transcanadien vers 1890, associŽ ˆ une autre catastrophe. Fig.10.

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Fig. 10. Le chemin de fer au Canada. ƒvocation au cours du spectacle aux Žtoiles son et lumire "L'ƒcho d'un Peuple", qui se tient chaque ŽtŽ depuis 2004 ˆ Casselman, Ontario, MunicipalitŽ de La Nation. Le crŽation du chemin de fer transcanadien fut, 50 ans avant lՎnergie atomique, une grande rŽalisation du gouvernement canadien, aidŽ par lÕAmŽricain Van Horne. Parmi ses tout premiers usages, se place la rŽpression du soulvement des mŽtis francophones de la Saskatchewan en 1885.

 

En 1885 comme en 1943, le pouvoir anglophone d'Ottawa a refusŽ d'entendre la voix des francophones.

 

Bien quÕincomplte encore, la voie ferrŽe transcanadienne allant jusqu'en Saskatchewan en 1885 permit au gouvernement conservateur d'Ottawa, dirigŽ par lÕorangiste Sir John Alexander Macdonald, de transporter des troupes rŽgulires venues de MontrŽal, afin de rŽprimer un soulvement des mŽtis francophones et catholiques mŽcontents. Les mŽtis n'avaient aucune aide extŽrieure, ils gagnrent nŽanmoins la bataille de Batoche. Ils furent traitŽs avec rigueur au nom de la Reine Victoria. Leur chef Louis Riel fut pendu par dŽcision d'un jury entirement anglophone. Les mŽtis Žtaient peu nombreux, mais l'enjeu Žtait un immense territoire o le pouvoir central ne voulait pas rencontrer d'opposition ˆ ses plans d'immigration anglophone. On peut voir dans cette rŽpression un gŽnocide et dans le 1er Ministre Macdonald un assassin, selon. Maggie Siggins. Cependant le Canada honore sa mŽmoire, au point d'imprimer son effigie sur chaque billet de 5 $. Fig. 12. RŽf. 21, 22, 23, 24.

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Fig. 11. Bois-BržlŽs, reportage Žpique sur Louis Riel et son peuple, Jean-Louis Roux, ThŽatre du jour, 1967.

 

Comme nous sommes loin de la gŽnŽrositŽ que certains politiciens britanniques dont O'Connell et Gladstone, voulaient dŽployer, ˆ la mme Žpoque et sous la mme reine Victoria, envers les Irlandais (le Home Rule)! Ces politiciens ont-ils eu une pensŽe pour les MŽtis et Riel? RŽf 25, 26.

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Fig. 12. Sir John Alexander Macdonald sur le billet de 5 $ Can. Un grand homme des "Canadians". Il affirmŽ son pouvoir en faisant pendre son adversaire politique Louis Riel.

 

L'enjeu de cette rŽpression rappelle une autre catastrophe mieux connue : le Grand DŽrangement No 1 des Acadiens, oeuvre  de l'Angleterre et non du Canada inexistant alors. ƒtaient concernŽes une population francophone dÕenviron 15000 et une immensitŽ territoriale qu'il fallait rŽserver aux plans ˆ plus ou moins long terme de l'immigration anglophone.

 

Je voudrais chercher une autre analogie en histoire de France, avec la guerre de VendŽe et celle des Chouans en Bretagne un sicle plus t™t, parce que l'origine du conflit est comparable, elle rŽside dans une recherche d'ŽquitŽ politique. Auprs d'un grand nombre de Franais, la RŽvolution n'a pas su satisfaire les espŽrances engendrŽes par la convocation des ƒtats gŽnŽraux en 1789. Les protestataires de France Žtaient plus nombreux que les mŽtis, et ils avaient des ressources trs supŽrieures ˆ celles des mŽtis. Ils furent traitŽs sans pitiŽ. RŽf. 27.

 

Autres documents.

Paul Brouzens, son Žtude fortement documentŽe sur le Laboratoire Joliot. Une fois publiŽe par le CTHS, elle fera peut-tre  comprendre pourquoi de Gaulle en Angleterre n'a pas connu, ds leur dŽbut et dans la suite, les travaux des 2 Franais ŽmigrŽs. RŽf. 28.

Bertrand Goldschmidt, 2 livres RŽf. 29, 30, 31..

Wladimir Paskievici sur Goldschmidt. RŽf. 32..

Michel Pineault, RŽf. 33.

Ginette Gablot. RŽf. 36. Fig. 14.

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Fig. 13. Le Complexe atomique, exemplaire dŽdicacŽ. Pour Pierre Demers pionnier quŽbecquois de l'Žnergie atomique,

mon souvenir du laboratoire de MontrŽal 1942-46,

Trs amicalement, Bertrand Goldschmidt, 13 mai 1982

 

 

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Fig. 14 Ginette Gablot. Merci ˆ Ginette Gablot qui m'a encouragŽ et m'a fourni des documents. Elle a rŽalisŽ une exposition itinŽrante concernant Joliot. dont la prochaine Žtape est annoncŽe pour octobre 2008 au P™le universitaire des Basses-Laurentides ˆ Sainte-ThŽrse au QuŽbec. RŽf. 33, 36.

 

ANNEXE 1

Georges Urbain et le concours d'agrŽgation des sciences physiques 1939.

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Fig. 15.Georges Urbain. Photo merci Ginette Gablot

Dans ce concours, la question de chimie Žtait d'intŽrt historique. Elle portait sur les terres rares et Žvoquait ainsi la personne de Georges Urbain, chimiste franais dŽcŽdŽ depuis peu (12 avril 1872 - 5 novembre 1938). RŽf. 30. Or LŽon Lortie, mentionnŽ plus haut, fit sa thse de doctorat sous la direction de Georges Urbain, sur les propriŽtŽs du cŽrium. Ë Georges Urbain on attribue la dŽcouverte de 2 ŽlŽments du groupe des terres rares : le celtium ou hafnium et le lutŽcium. IntŽrt supplŽmentaire de cette question, celui-lˆ touchant ma carrire. Cette question est restŽe gravŽe dans ma mŽmoire. La classification des terres rares dans le tableau des ŽlŽments prŽsentait alors un problme considŽrable. La question de chimie du concours de 1939 a ainsi contribuŽ ˆ orienter mes recherches, principalement aprs 1970, sur la classification des ŽlŽments et sur un systme mathŽmatique qui lui est associŽ, que j'ai appelŽ systme du quŽbŽcium. RŽf. 34.

 

ANNEXE 2.

Denis Plante, archiviste. - Des Žtudiants comme chair ˆ canon LÕUniversitŽ a fait sa part dans lÕeffort de guerre.

archives@archiv.umontreal.ca, RŽf. 35.

 

Le projet Manhattan. LÕUniversitŽ de MontrŽal participe de manire scientifique ˆ lÕeffort de guerre. CÕest sous le nom de Çprojet ManhattanÈ que sont ŽlaborŽs en secret, dans les locaux du Pavillon principal, les principes de la bombe atomique. Sous la direction de Hans von Halban, un groupe de scientifiques franais, italiens et mme des professeurs de lÕUniversitŽ se joignent ˆ cette mission.

 

Le laboratoire est opŽrationnel ˆ partir de mars 1943. Le mandat du groupe de recherche est le suivant, dÕaprs W. Eggleston dans son livre CanadaÕs Nuclear Story: ÇUtiliser lÕexpertise en eau lourde acquise ˆ Paris et ˆ Cambridge pour produire le plus vite possible un rŽacteur ˆ eau lourde ˆ lÕuranium naturel.È

 

LorsquÕil est interrogŽ sur le r™le de lÕUniversitŽ dans ces travaux ultrasecrets, Mgr Olivier Maurault rŽpond: ÇLe National Research Council occupe depuis cinq ans des locaux dans quelques ailes (destinŽes au futur h™pital universitaire) de notre b‰timent. Il nÕest permis ˆ personne de lÕUniversitŽ dÕy pŽnŽtrer. Et nous nÕavons aucun rapport avec les chercheurs qui y sont enfermŽs.È

 

Merci aux alliŽs Pour remercier les Canadiens de leur aide durant la guerre, le gouvernement de Grande-Bretagne vient dŽvoiler deux plaques. Le duc dՃdimbourg se prŽsente le 17 mai 1962 pour remercier ceux qui ont travaillŽ au projet Manhattan mais, huit ans plus t™t, le 14 septembre 1954, la duchesse de Kent Žtait venue dŽvoiler une plaque pour souligner la participation du contingent du Corps-Žcole dÕofficiers canadiens de lÕUniversitŽ de MontrŽal. Cette unitŽ a fourni quelque 1200 officiers aux forces armŽes du Canada, rappellera-t-elle. Ils ont servi dans la marine, lÕarmŽe et lÕaviation au cours des campagnes en Afrique, en Italie, en France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne.

 

DÕautres ont donnŽ leur vie pour dŽfendre la libertŽ proclamŽe dans la charte de lÕAtlantique. Dieppe, les ”les Bevelen et Walcheren, en particulier, ont ŽtŽ tŽmoins de leur hŽro•que sacrifice. Sur la plaque, on peut lire: ÇQue leur gloire nous soit un exemple, que leur conduite nous inspire et que la terre Žtrangre sous laquelle ils reposent leur soit lŽgre.È

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Fig.16. AndrŽ Bachand fit confectionner une plaque de bronze, portant entre autres les noms des Franais et des Canadiens scientifiques du Laboratoire de MontrŽal. Il l'a fait fixer ˆ la b‰tisse de l'UniversitŽ de MontrŽal. Elle fut dŽvoilŽe le 17 mai 1962 en prŽsence du duc d'ƒdimbourg, Vue partielle de la plaque.

 

RŽfŽrences.

 

1. Le Cabaret artistique Au Lapin agile, 22, rue des Saules, 75018 Paris France, http://www.au-lapin-agile.com/histo2.htm

 

2. Sur Guebwiller et Alfred Kastler, http://www.ville-guebwiller.fr/public/alfred_kastler.html

 

3. Sur Marguerite Perey. http://misha1.u-strasbg.fr/AMUSS/nouveaute3.htm

 

4. Pierre Demers 1962, Ionographie Les Žmulsions photographiques nuclŽaires, PUM1962,

 

5. Pierre Demers 2008, Site sur le Systme du QuŽbŽcium http://www.er.uqam.ca/nobel/c3410/quebecium.html

 

6. 947 Pierre Demers 2004, Systme du QuŽbŽcium. La nouvelle classification des ŽlŽments. PUM2004. Livre papier et disque optique ISBN 2-9802454-7-X. Lancement le samedi 24 juillet 2004, 17h au sige social.

 

7. J-F Picard et E. Pradoura, le 23 avril 1986., Entretien avec Pierre Auger. http://picardp1.ivry.cnrs.fr/  

 

8. Le Restaurant Roger La Grenouille http://www.bestrestaurantsparis.com/restaurant-paris /detail/roger-la-grenouille.html

 

9. "Tsien San-Tsiang, l'un des patrons de la bombe chinoise", PARIS MATCH No 951 du 01.07.67

 

11. Pierre Buron qui rŽalisa "Bombe A ˆ MontrŽal", o j'apparais. http://www.realisateur.qc.net/pageBuron.htm

 

10. La dŽportation des Acadiens (Le Grand DŽrangement). http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9portation_des_Acadiens

 

12. EACL Corporation du Gouvernement du Canada fondŽe en 1952. http://en.wikipedia.org/wiki/Atomic_Energy_of_Canada_Limited, http://www.aecl.ca/site4.aspx

 

13. EACL : 1952 Feb 14 , Atomic Energy of Canada Limited (AECL) was incorporated as a federal crown corporation, under Part 1 of the Companies Act 1934. http://www.cns-snc.ca/history/history.html

 

14. George C. Laurence, Le dŽbut de la recherche nuclŽaire au Canada, EACL Recherche, 1991. Contient une photo de l'Žquipe ˆ ses dŽbuts. http://www.cns-snc.ca/history/early_years/earlyyears_fr.html top

 

15. Mon employeur industriel 1940-1942 Žtait: CIL DIL, Laboratoire R&D ˆ Beloeil-McMasterville o j'Žtais spectroscopiste.

 

16. GuŽron sur Kowarski en 1980, Lew Kowarski. et le dŽveloppement de l'Žnergie nuclŽaire. Jules GuŽron [CERN, Organisation europŽenne pour la recherche nuclŽaire, mai 1980], http://www.cns-snc.ca/history/pioneers/kowarski/kowarski.pdf

 

17. Pierre Demers 1990, Si de Gaulle lÕavait su. (Joliot, lÕatome et la Francophonie), Science et Francophonie, 29, 3-16,1990

 

18, Pierre Demers 1990, Si de Gaulle lÕavait su. (Joliot, lÕatome et la Francophonie, suite), Science et Francophonie, 30, 7-16, 1990.

 

19. Pierre Demers 1990, http://www.er.uqam.ca/nobel/c3410/SF29.htm

 

20. 732 Pierre Demers 1990, http://www.lisulf.quebec/SF30bis.htm

 

21. Sur la RŽbellion des MŽtis de Saskatchewan et Louis Riel, http://www.toile.com/search?q=Louis+Riel+les+r%C3%A9bellions+des+m%C3%A9tis&sen=tle 

 

22. Sur la RŽbellion des MŽtis de Saskatchewan et Louis Riel, http://library2.usask.ca/northwest/background/riel.htm

 

23. Jean-Louis Roux, Les Bois-BržlŽs, pice de thŽatre.

En 1962, il y a Riel de John Coulten, une pice de thŽ‰tre produite ˆ l'occasion du 75e anniversaire de sa mort. Cinq ans plus tard, c'est l'opŽra Louis Riel. Le livret est de Mavor Moore, avec la collaboration de Jacques Languirand, sur une musique d'Harry Somers. Il y a aussi cette annŽe-lˆ la pice de thŽ‰tre Bois-BržlŽs de Jean-Louis Roux, un reportage Žpique sur Louis Riel et son peuple. http://www.pcr-rcp.ca/fr/sm/3l

 

24. PCR. Louis Riel 1844-1885 : le portrait inachevŽ d'un dŽmocrate ... 

http://www.pcr-rcp.ca/fr/sm/3l

 

25. Sur le Home Rule pour l'Irlande et Gladstone, http://fr.wikipedia.org/wiki/Home_Rule

 

26. Sur le Home Rule et O'Connell, http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_O%27Connell

 

27. Sur les guerres de VendŽe et des Chouans, http://www.linternaute.com/histoire/motcle/532/a/1/1/chouans.shtml

 

28. Paul Brouzeng, professeur ŽmŽrite de l' UniversitŽ Paris-Sud

Communication : L'exil outre-Atlantique, au Canada notamment, de physiciens atomistes franais, en rŽsistance au cours de la Seconde Guerre mondiale. Au 133e congrs QuŽbec, juin 2008, http://cths.fr/co/communication.php?id=3594

 

29. Sur Bertrand Goldschmidt. http://www.cns-snc.ca/history/pioneers/b_goldschmidt/goldschmidt.html

 

30. Bertrand Goldschmidt, Le complexe atomique, Fayard 1980, 487 p., ISBN 2-213-00773-X

 

31. Bertrand Goldschmidt, Pionniers de l'atome, Stock, 1987, 484 p.

 

32. Wladimir Paskievici, Vie de Bertrand Goldschmidt. ConfŽrence inŽdite, prononcŽe ˆ une rŽunion de la SociŽtŽ canadienne de l'Žnergie atomique, Trois-Rivires, en prŽsence de Bertrand Goldschmidt. 1982. Le jour des funŽrailles de Gilles Villeneuve. WP 4874, ch. de la C™te des Neiges App.  .. MontrŽal H3V1H4 514 733 7438, wladimir.paskievici@polymtl.ca,,,

 

33. Michel Pineault, Directeur de la publication 2005, Doisneau chez les Joliot-Curie, Un photographe au pays des physiciens, 273X273 mm, CNAM, ƒditions Romain,ISBN 2-84350-210-1

 

34. Sur Georges Urbain, http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Urbain

 

35. Denis Plante, archiviste, Des Žtudiants comme chair ˆ canon. LÕUniversitŽ a fait sa part dans lÕeffort de guerre. http://www.forum.umontreal.ca/numeros/2000_2001/forum_00_11_06 article09.html

 

36. Ginette Gablot, 2008, CNAM. Documentation. Survivant du Laboratoire Joliot au  CdF : Georges Ligonnire. ginette.gablot@cnam.fr

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